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Le 2 octobre 2021, Audrey Kistler présentait le soutien scolaire mobile de Professeur Truck dans l’émission « Une heure en France en famille » sur France Bleu. L’interview commence à 24 min 15 s dans le lecteur ICI de l’émission complète.
Émission : Une heure en France en famille
Diffuseur : France Bleu
Diffusion : 2 octobre 2021
Intervenants
- Présentatrice : Géraldine Mayr
- Invitée — fondatrice de Professeur Truck : Audrey Kistler
Repères dans l’épisode
- 24:15 – Genèse du projet et aménagement du truck
- 30:46 – Organisation des cours
- 31:57 – Pédagogie et besoins des élèves
- 33:04 – Développement du réseau
Source de l’interview
Émission réalisée et produite par France Bleu, présentée par Géraldine Mayr.
Transcription de l’épisode « Professeur Truck sur France Bleu : l’interview d’Audrey Kistler »
Repères dans la transcription :
Source : émission complète diffusée sur France Bleu. Transcription partielle de l’interview, de 24 min 15 s à 35 min 34 s. Les horodatages renvoient au lecteur ICI de l’émission complète. Ponctuation rétablie ; habillage musical et jingles non retranscrits.
Genèse du projet et aménagement du truck — 24:15
Journaliste : Après le foot-truck, place au Professeur Truck. L’idée, c’est un camping-car réaménagé qui veut amener le soutien scolaire en milieu rural. Et celle qui a eu cette très, très bonne idée est l’invitée aujourd’hui d’« Une heure en France, en famille ». Bonjour, Audrey Kistler.
Audrey Kistler : Bonjour.
Journaliste : Si on commençait déjà sur la genèse du projet : il est né il y a de nombreuses années, après de nombreuses années d’expérience dans les cours particuliers ?
Audrey Kistler : Alors oui, j’avais décidé à un moment donné de me consacrer uniquement au soutien scolaire. Mais à ce moment-là, je le faisais, on va dire, de façon classique : je me rendais chez le particulier et je donnais cours aux élèves, soit dans leur chambre, soit dans leur salon.
Et je n’étais pas spécialement satisfaite de la prestation parce que ce n’était pas suffisant. En fait, les élèves que nous avons ont des profils très différents. On peut avoir des élèves qui sont en grande difficulté, des élèves qui ont besoin de reprendre confiance. Donc il faut des supports adaptés à chaque profil et à chaque demande.
Journaliste : Et il ressemble à quoi, ce camping-car aménagé en salle de classe ? Alors, vous nous faites visiter, Audrey ?
Audrey Kistler : Oui. Alors il y a un écran ; c’est même une tablette hybride de 55 pouces.
Journaliste : Joli !
Audrey Kistler : Ça permet d’avoir tous les manuels numériques, pas mal d’applications et des logiciels un peu plus ludiques pour les petits bouts qui ont besoin de choses un peu plus amusantes pour apprendre.
Et il y a une imprimante qui permet de fournir des sujets un peu plus adaptés aux plus grands, aux élèves de terminale, par exemple pour un sujet de bac qu’on trouve en ligne.
Et il y a tout ce qu’il faut en matériel et en petit matériel, de quoi dessiner, de quoi écrire ; en fait, tout ce qu’il faut pour bien apprendre. Avec des sanitaires également, la clim quand il fait trop chaud, le chauffage quand il fait très froid, en l’occurrence.
Et puis le plaisir de se retrouver, puisque c’est aussi ça un petit peu la genèse du projet : c’est de pouvoir mettre plusieurs élèves dans ce camping-car. Voilà, on peut recevoir jusqu’à quatre élèves. Parce qu’après, ça ne devient plus vraiment du soutien personnalisé. Donc ça reste un petit groupe et ça permet de travailler chaque profil, même s’ils sont quatre. Et entre eux, ils peuvent aussi s’aider.
Journaliste : Et vous allez où ? On peut littéralement vous imaginer garée sur un parking ?
Audrey Kistler : Alors tout à fait. C’est-à-dire qu’on peut aussi bien faire du soutien scolaire à domicile. On va chez le particulier, on se gare devant chez lui et l’élève sort et rentre dans le truck pour faire son cours. Ça sera un cours individuel.
Mais si, par exemple, des élèves ont des creux ou une pause de midi assez longue, on peut effectivement se rapprocher de leur établissement scolaire, se mettre sur un parking, et ils viennent nous rejoindre à ce moment-là.
Journaliste : Audrey, vous faites en général combien de kilomètres par jour à bord de votre camping-car ?
Audrey Kistler : Ça peut être très variable, mais ça peut aller jusqu’à 200 certains jours, comme le samedi par exemple.
Journaliste : Le samedi, vous enchaînez les cours, vous enchaînez les coups de main pour les élèves. Quel plaisir !
Audrey Kistler : Oui, tout à fait. Il faut être disponible pour eux quand ils ne sont pas à l’école, donc surtout le soir, le mercredi, samedi, dimanche. Et c’est vrai que le samedi, c’est une des journées les plus remplies. Elle va de 8 heures à 18 heures non-stop.
Journaliste : Je le disais, cette initiative mérite qu’elle fasse des petits. Et Audrey, justement, aimerait que d’autres professeurs ailleurs en France, avec d’autres profils peut-être, se joignent à elle. On y reviendra dans ces prochaines minutes.
[27:52–30:46 — habillage musical, chanson et jingle France Bleu non retranscrits.]
Organisation des cours — 30:46
Journaliste : Audrey Kistler, l’invitée d’« Une heure en France, en famille ». Elle a eu la très, très bonne idée d’aménager un camping-car en salle de classe, le Professeur Truck, et elle sillonne donc la campagne normande. Le plus souvent, vos journées, Audrey, elles se passent comment ? Vous vous levez tôt le matin, vous partez, vous avez déjà une sorte de programme préétabli ?
Audrey Kistler : Oui, en fait, c’est des élèves qu’on suit pratiquement à l’année, donc le planning est plus ou moins figé. C’est des fois avant la journée de classe pour certains élèves quand ils commencent un peu plus tard, mais le plus souvent c’est après leur journée, donc c’est après 15 heures la plupart du temps, le mercredi en journée complète et samedi, dimanche.
Journaliste : Alors, vous le disiez, vous pouvez vous garer un petit peu partout, sur les parkings, devant la maison de l’élève concernée. Les élèves, justement, c’est par niveau ?
Audrey Kistler : Alors quand ils sont en groupe, oui, c’est par niveau. Ça permet de vraiment faire quelque chose qui est commun à tout le monde. Après, quand c’est en individuel, on va du CP jusqu’à la terminale.
Pédagogie et besoins des élèves — 31:57
Journaliste : Et est-ce que la pédagogie est la même quand il s’agit de cours particuliers ?
Audrey Kistler : Alors ça permet justement de vraiment nous adapter à tous les profils, parce qu’on a, par exemple, des enfants qui sont DYS, dyscalculiques, dyslexiques, ou même avec des troubles autistiques. Donc ça nous permet vraiment d’adapter notre enseignement à chaque profil. On a vraiment tous les supports pour ça et on peut vraiment optimiser ce qu’on va leur apporter.
Et on ne fait pas que ça, justement, d’être dans ce lieu un peu clos. Souvent, les enfants se confient aussi. Il y a un petit côté psychologique aussi, parce qu’ils ont des phobies scolaires, ils ont des soucis à la maison. Donc ça leur offre aussi une opportunité de discuter, parce que les difficultés scolaires ne sont pas forcément liées qu’à la discipline. Il peut y avoir d’autres choses autour.
Et le fait qu’on se retrouve comme ça à deux, loin des parents, finalement, ça permet aux élèves de vider un peu leur sac, si on veut, et ça aide aussi à progresser scolairement.
Développement du réseau — 33:04
Journaliste : Le Professeur Truck, le concept est absolument unique en France, indispensable même dans certaines communes rurales isolées. C’est pour ça que vous lancez un appel, Audrey, pour que d’autres professeurs en France vous rejoignent dans l’aventure, pour qu’il y ait des Professeurs Truck un petit peu partout.
Audrey Kistler : Tout à fait. Alors en début d’année, il y a Pierre qui est venu me rejoindre en Normandie. Donc il est basé sur le secteur de Saint-Lô. Mais j’ai très régulièrement des demandes un peu partout en France. Et j’appelle justement des gens qui ont envie de rejoindre l’aventure et de partir sur les routes comme nous, un peu partout en France, où justement ce genre d’initiative n’existe pas et dont les élèves auraient vraiment grandement besoin.
Journaliste : Vous avez présenté Professeur Truck en Suisse ?
Audrey Kistler : Alors, l’idée leur plaît vraiment beaucoup parce que, dans la mesure où eux aussi, ils ont un centre de formation, mais des élèves qui ne peuvent pas se déplacer, ils cherchent une solution pour amener leur centre de formation auprès de leurs élèves qui sont un peu situés dans la campagne suisse.
Après, eux, ils cherchent plutôt quelque chose avec un groupe un peu plus nombreux. Mais leur idée leur plaît beaucoup ; ils veulent juste que ce soit beaucoup plus écologique et que ce soit un peu plus grand. Mais on est justement en train de discuter pour développer ça et être là-bas.
Journaliste : Pour les professeurs susceptibles de nous écouter et d’être intéressés, pour se lancer, il faut quoi ?
Audrey Kistler : Alors déjà, il faut avoir l’objectif vraiment de le développement et la bienveillance pour les enfants. C’est vraiment quelqu’un qui a envie d’apporter quelque chose à des enfants.
Ce n’est pas forcément quelqu’un qui a un bac +5 dans une matière en particulier. C’est vraiment quelqu’un qui veut apporter son soutien aux élèves et qui puisse au moins faire de l’aide aux devoirs, c’est-à-dire qu’il puisse accompagner les enfants à faire leurs devoirs le soir, et pas forcément dans une matière en particulier.
Journaliste : Un métier de vocation. Audrey, mardi, c’est la Journée mondiale des enseignants. Est-ce qu’on peut dire que vous avez le plus beau métier du monde ?
Audrey Kistler : Tout à fait !
Journaliste : Des Professeurs Truck un petit peu partout en France. On espère en suivant la magie des réseaux sociaux. En attendant, vous pouvez suivre le projet via le site de Professeur Truck et puis sa page Facebook aussi. Merci à vous, Audrey Kistler.
Audrey Kistler : Merci à vous.
Journaliste : Et bonne route !
Audrey Kistler : Merci.
Pour aller plus loin
Retrouvez le contenu associé à cet épisode :
France Bleu : Professeur Truck, du soutien scolaire itinérant →

