Émission radio : Professeur Truck fait classe… sur les routes !

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Et si le soutien scolaire venait directement à vous ? À Vire, Professeur Truck propose une idée pour le moins originale : apprendre dans un camping-car transformé en véritable salle de classe.

Émission : ICI Normandie, ça marche avec Sylvain Cotigny
Diffuseur : ICI Normandie
Diffusion : 1 octobre 2026

Intervenants

  • Présentateur : Sylvain Cotigny
  • Invitée — fondatrice de Professeur Truck : Audrey Busser (Kistler)
  • Invité — Professeur Truck à Flers : Sébastien Roussel
  • Témoignage — mère d’une élève : Annabelle

Repères dans l’épisode

  • 00:00 – Présentation du concept
  • 06:08 – Le camping-car aménagé
  • 16:40 – Intervention de Sébastien Roussel
  • 30:10 – Robotique et méthode d’accompagnement
  • 41:37 – Témoignage d’Annabelle
  • 49:39 – Développement du réseau

Source de l’interview

Émission réalisée et produite par ICI Normandie, présentée par Sylvain Cotigny.

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Transcription de l’épisode « Émission radio : Professeur Truck fait classe… sur les routes ! »

Présentation du concept — 00:00

Journaliste : Ici ça marche, sur ici Normandie. Ici ça marche avec Professeur Truck. On va vous expliquer tout cela : le soutien scolaire vient à vous. Une salle de classe mobile, un professeur proche de chez vous. C’est Audrey Kistler qui est avec nous. Bonjour Audrey.

Audrey : Bonjour Sylvain.

Journaliste : Ravi de vous accueillir. Vous êtes la créatrice de Professeur Truck. Cela fait sept ans maintenant.

Audrey : Tout à fait.

Journaliste : Qu’est-ce qui vous a menée à cela ?

Audrey : Pas mal d’années dans le soutien scolaire, on va dire classique.

Journaliste : Avant, vous étiez ingénieure.

Audrey : Oui. Alors, si on veut commencer aussi loin, on peut !

Journaliste : Non, mais c’est pour comprendre quand même. D’où vient-elle ? Que fait-elle là ?

Audrey : Effectivement, j’étais ingénieure dans différents domaines : la pétrochimie, l’automobile. Et je donnais, à côté, quelques heures de cours.

Journaliste : Oui, j’ai lu cela en préparant cette émission. Je me suis dit : elle a toujours donné des cours quelque part, en plus de son travail. À un moment de votre carrière, vous êtes partie en Allemagne et vous vous êtes aussi dit : « Je vais leur apprendre le français. » Il y a toujours eu un truc ?

Audrey : Oui, toujours un peu. C’était un peu sous-jacent, je pense. À l’approche de la quarantaine, je me suis plus ou moins demandé s’il n’était pas temps de me réorienter. J’ai donc fait un petit détour par l’Éducation nationale. Je n’y suis pas restée très longtemps : ce n’était pas mon truc. Il y avait trop de monde. Je préfère être avec un élève et vraiment m’adapter à lui.

J’ai donc vraiment augmenté mon nombre d’heures de soutien scolaire, mais je l’ai d’abord fait de façon classique : je venais chez les parents. Je trouvais que ce n’était pas la meilleure façon de faire pour aider l’enfant.

Journaliste : Vous vous êtes dit qu’il fallait autre chose, qu’il fallait créer quelque chose. Et c’est là que vous avez eu l’idée du « truck », le camion, pour donner des cours.

Audrey : Voilà. Le fait de venir directement dans la maison des parents avait l’inconvénient que l’enfant n’était pas dans un contexte vraiment dédié à l’apprentissage. Il y a toujours du bruit, toujours quelque chose. Et ce n’était pas lui qui faisait la démarche de venir en cours : c’était moi qui venais chez lui. En gros, j’étais à son service, si on peut dire cela comme ça. Il n’avait pas dans son agenda : « J’ai rendez-vous. » Il attendait simplement que je vienne.

Maintenant, ils ont un rendez-vous, par exemple à 16 heures. Ils savent qu’ils doivent se préparer et sortir de la maison. Même si le véhicule est garé juste devant la porte, ils ont cette démarche de se dire : « Je vais en cours. » Et cela change tout.

Journaliste : Si vous voulez en savoir plus, il y a un site Internet : professeur-truck.fr. Je vous invite à aller y faire un tour et à rester avec nous pendant une heure, parce que nous allons découvrir Professeur Truck avec vous, mais aussi avec des invités : des professeurs qui vous accompagnent dans cette aventure. Nous donnerons également la parole à une maman qui vous fait confiance depuis quelques années pour suivre sa fille.

[Chanson, jingle et publicité non retranscrits.]

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Le camping-car aménagé — 06:08

Journaliste : Imaginez une salle de classe dans un camion. Alors, plutôt dans un camping-car : c’est plus confortable.

Audrey : Déjà, oui !

Journaliste : C’est Professeur Truck. C’est la création de notre invitée, Audrey Kistler, qui a créé Professeur Truck à Vire il y a sept ans. Aujourd’hui, le concept est en train de s’étendre. Vous êtes déjà à Flers, Saint-Lô et Villedieu, avec des professeurs qui sont venus vous rejoindre.

C’est un peu l’escargot avec sa maison sur le dos. Mais la maison a toute son importance. Si vous avez choisi cette forme et si vous vous déplacez ainsi, c’est que votre camping-car est entièrement équipé. Il y a tout à l’intérieur.

Audrey : Il ne reste plus grand-chose du camping-car. Les seules choses que nous avons gardées sont la banquette et la table. Après, nous l’avons aménagé.

À l’intérieur, il y a un ordinateur et un écran géant, vraiment très grand. Il est interactif et tactile, ce qui permet aux enfants de ne pas rester toujours assis. Ils peuvent se lever, travailler à l’écran, puis s’asseoir. Cela permet de changer la façon de travailler.

Il y a énormément de manuels, parce que nous sommes multidisciplinaires. Il faut avoir à peu près tout ce qu’il faut sous la main, surtout que le réseau, en Normandie, n’est pas toujours parfait.

Journaliste : Oui, parce que vous allez dans de petites communes, dans des maisons parfois un peu éloignées.

Audrey : Parfois, nous sommes un peu perdus et cela ne capte pas toujours très bien. Si nous ne pouvons pas nous connecter, il faut au moins avoir de quoi travailler à côté. Il y a tout le matériel, parce que les élèves ont tendance à toujours oublier quelque chose.

Journaliste : Vous n’avez jamais oublié votre trousse à l’école ?

Audrey : Nous avons vraiment tout ce qu’il faut : les crayons, les feutres, de quoi écrire.

Journaliste : Si je fais de la chimie, par exemple, vous allez avoir ce qu’il faut ?

Audrey : Je n’ai évidemment pas de produits chimiques dans le véhicule, mais nous avons des logiciels et des applications qui permettent de simuler les expériences. Nous pouvons, par exemple, réaliser des circuits électriques ou mélanger des produits et observer les réactions comme si nous faisions réellement l’expérience.

Journaliste : Vous vous adaptez aussi parce que vous savez chez qui vous allez. S’il y a besoin, vous prévoyez ce qu’il faut.

Audrey : Oui, tout à fait.

Journaliste : Vous le disiez tout à l’heure : le fait d’arriver avec ce truck crée une ambiance complètement différente. L’élève va faire le déplacement de sa maison vers votre camion, qui peut être garé dans l’allée ou juste à côté, sur la place. Il change alors d’univers.

Audrey : Tout à fait. Avant, surtout chez les adolescents, quand j’arrivais, ils pouvaient être dans leur chambre en train de jouer à un jeu vidéo. Ils enlevaient leur casque et nous passions directement au travail : il n’y avait pas de coupure.

Avec le truck, ils savent qu’ils doivent anticiper et terminer leur partie avant. Je ne demande pas qu’ils soient complètement habillés : ils peuvent venir en claquettes et en tee-shirt. Mais, comme ils sortent de la maison, ils mettent quand même une petite veste, des chaussures ou quelque chose. Ils ont vraiment cette démarche de se dire : « Je viens en cours. »

Journaliste : Il y a aussi une rupture avec les parents. On n’est plus sous l’œil de papa et maman.

Audrey : C’est vrai, surtout pour les plus petits. Ce qui est important pour eux, c’est de faire plaisir à l’enseignant, à papa ou à maman. Le fait d’avoir l’enseignant et les parents sur place peut remettre encore plus de pression : il faut faire plaisir à tout le monde.

Parfois, certains parents sont un peu intrusifs, justement pour montrer qu’ils s’occupent bien de leur enfant. Ils disent : « Mais si, on l’a travaillé hier soir ! » L’enfant est alors un peu perdu. Dans le truck, il n’y a pas le chat, le chien, le petit frère, la petite sœur ou la télévision. Il n’y a pas d’éléments perturbateurs.

Cela crée aussi un petit climat — pas vraiment un confessionnal — dans lequel ils peuvent se confier ou lâcher davantage prise quand nous sommes tous les deux.

Journaliste : On va le découvrir dans le travail que vous proposez : cela va au-delà du cours. C’est un moment que vous passez avec l’enfant pour travailler, échanger et apporter quelques réponses.

Audrey : Il y a le côté disciplinaire : les mathématiques, la physique et toutes ces choses-là. Mais il y a aussi la phobie scolaire ou les problèmes d’adolescents. Nous ne sommes pas psychologues et nous n’avons pas du tout la vocation de les remplacer, loin de là. Mais les élèves se confient parfois et nous répondons à des questions existentielles.

Journaliste : Vous vous retrouvez à deux, face à face, et vous échangez.

Audrey : Oui. Il y a des élèves que nous avons depuis des années, donc cela crée des liens. Parfois, je reçois des textos en dehors des heures : « Ça y est, j’ai fait ci, j’ai fait ça. » Je trouve cela bien. Il y a vraiment un lien qui se crée, même après, quand ils ont fini leurs études.

Journaliste : De la primaire à la terminale ?

Audrey : Voire bac +2, dans certaines matières.

Journaliste : Dans quelques minutes, nous allons accueillir un professeur qui travaille avec vous. Ce sera l’occasion de découvrir pourquoi Sébastien a choisi de vous rejoindre. Il s’est installé dans le bassin de Flers.

[Chanson, jingle et publicité non retranscrits.]

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Intervention de Sébastien Roussel — 16:40

Journaliste : Ici ça marche avec Professeur Truck, une structure qui existe depuis sept ans maintenant. L’idée et la création sont celles d’Audrey Kistler : aller directement chez vous pour apporter un soutien scolaire aux enfants qui en ont besoin. Voilà une idée qui est en train de faire des petits un peu partout. C’est le cas à Flers, avec Sébastien Roussel qui est avec nous. Bonjour Sébastien.

Sébastien : Bonjour Sylvain.

Journaliste : Est-ce qu’on vous appelle Sébastien ou Professeur Truck ?

Sébastien : Vous pouvez m’appeler Sébastien. Les maternelles m’appellent parfois « professeur », ou simplement « maître ».

Journaliste : J’aime bien « Professeur Truck », il y a quelque chose ! Sébastien, vous avez été professeur des écoles. Vous avez souhaité enseigner autrement ?

Sébastien : Oui, effectivement. Après un passage dans l’Éducation nationale, comme Audrey — moins long, mais un passage quand même —, j’ai souhaité rejoindre Audrey parce que j’ai trouvé le concept de Professeur Truck vraiment intéressant.

J’ai trouvé qu’il y avait un potentiel pour les élèves qui sont en grand besoin, mais aussi parce que j’ai suffisamment de bagage et d’envie en moi pour enseigner. Je sentais qu’il y avait vraiment une différence entre ce qui est proposé dans l’Éducation nationale et la liberté pédagogique que nous avons dans Professeur Truck, qui permet d’être réellement au service des familles et des élèves.

Journaliste : Vous vous adaptez à chaque élève. Vous allez très vite comprendre quel chemin vous devez emprunter et c’est ainsi que vous allez travailler.

Sébastien : C’est cela. Nous rencontrons les familles. Comme l’a dit Audrey tout à l’heure, nous allons vraiment à leur rencontre. Nous essayons d’être au plus près d’elles pour répondre à la demande et aux besoins.

Nous menons l’enquête, nous discutons avec les familles, nous essayons de comprendre les difficultés des élèves, puis d’apporter notre soutien du mieux que nous pouvons.

Journaliste : Sébastien, comme le disait aussi Audrey tout à l’heure, la liaison n’est pas toujours très bonne.

Sébastien : Oui, je pense que vous l’entendez bien. C’est tout juste !

Journaliste : Quel sentiment, quelle impression avez-vous quand vous êtes au volant de votre truck et que vous allez de famille en famille ?

Sébastien : C’est une très bonne question. L’impression que j’ai, c’est du bien-être. Je me sens vraiment bien parce que je me sens à ma place. Pour moi, enseigner est une vocation. Cela fait très longtemps que j’ai cela en tête. J’enseigne dans différents domaines, y compris les arts martiaux, qui sont ma passion.

Le bien-être, c’est ce que je ressens quand je conduis : j’ai le sourire en permanence. Je suis vraiment très heureux.

Journaliste : Et quand vous arrivez, vous êtes décontracté, vous êtes heureux.

Sébastien : Oui, parce que nous savons pourquoi nous sommes là et pourquoi nous nous levons le matin. Nous savons que nous avons un devoir envers les élèves et les familles. Nous faisons tout notre possible pour les aider dans une bulle qui est Professeur Truck : cette bulle, c’est le camion, qui est entièrement aménagé.

Journaliste : Merci beaucoup, Sébastien Roussel, Professeur Truck dans le bassin de Flers. Si vous voulez entrer en contact avec Sébastien, rendez-vous sur professeur-truck.fr. Vous y trouverez facilement un lien pour le joindre. Merci beaucoup. J’allais vous dire : bonne route ! Au revoir Sébastien.

Sébastien : À bientôt.

Journaliste : Sébastien est à Flers, mais vous êtes également présents à Saint-Lô et bientôt à Villedieu.

Audrey : Villedieu, ce sera à partir du début de l’année 2027. Cela se met encore en place.

Journaliste : Vous cherchez des enseignants qui voudraient rejoindre Professeur Truck pour couvrir un peu tout le territoire, voire aller ailleurs.

Audrey : Oui, parce que nous avons beaucoup de demandes de parents. Parfois, ce sont même les enfants, quand ils sont plus grands, des élèves de terminale, qui nous appellent directement. Nous commençons à former une sorte de toile d’araignée.

Des gens viennent nous voir en nous disant : « Vous n’êtes pas encore chez nous ! » Nous essayons de répondre à toutes les demandes, mais nous ne pouvons pas couvrir toute la Normandie.

Journaliste : Vous étiez à la Foire internationale de Caen et c’est là que vous vous êtes aperçue que les parents étaient vraiment en demande.

Audrey : Oui. Beaucoup de parents sont venus nous dire : « Mais vous n’êtes pas encore autour de Caen ou du Havre ! » Nous arrivons doucement, mais il faut que des personnes nous rejoignent. J’ai bien conscience que c’est quelque chose de totalement atypique, mais cela a son charme. C’est justement l’aventure qui est exceptionnelle.

Journaliste : Comment travaillez-vous avec les enfants et les adolescents ? Parce qu’il n’y a pas que des enfants, il y a aussi des adolescents. Vous allez nous expliquer cela dans quelques minutes. Nous entendrons également Annabelle, la maman de Léna, que vous suivez depuis quelques années et qui est aujourd’hui en troisième. Nous verrons si c’est efficace !

Audrey : Oui !

[Chanson, jingle et publicité non retranscrits.]

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Robotique et méthode d’accompagnement — 30:10

[L’émission diffuse un reportage extérieur consacré à un bar d’Avignon où des robots préparent et servent les commandes.]

Journaliste : Mais vu d’ici, qu’en pensez-vous ?

Audrey : Moi, je ne trouve pas cela terrible.

Journaliste : Sébastien n’est pas vraiment conquis non plus.

Sébastien — extrait enregistré : Cela enlève de l’emploi et le contact humain que l’on peut avoir quand on va dans ce genre d’endroit. Franchement, cela fait peur.

Journaliste : Est-ce que vous pourriez tenter l’expérience ? Écoutez la réponse de Sébastien.

Sébastien — extrait enregistré : Honnêtement, cela ne me dit rien. Je préfère le contact avec une personne, se regarder dans les yeux.

Journaliste : Est-ce que le contact avec les autres est quelque chose que l’on perd de plus en plus aujourd’hui ?

Sébastien — extrait enregistré : Je pense que oui. Je trouve qu’il y a de moins en moins de contacts. C’est le constat que je fais : les gens sont tous sur leur portable ou leur machine. Personne ne se regarde, personne ne se parle.

Journaliste : Ce fameux bar à Avignon a déjà prévu de se développer, puisque le patron a commandé une nouvelle machine qui rejoindra bientôt la boutique : une machine à crêpes entièrement automatique. Je vous sens assez dubitative.

Cela existe effectivement à Avignon, mais également à Mondeville, tout près de nous, où des robots viennent apporter les consommations. Nous n’allons pas débattre du bien ou du mal, Audrey, mais j’ai vu que vous aviez enseigné un temps une méthode appelée Algora, autour de la robotique et de la domotique. C’était pour initier les plus jeunes à la robotique, parce que cela fera partie de leur quotidien plus tard ?

Audrey : Oui, mais nous restions dans les petits robots sympathiques.

Journaliste : Cela signifie aussi que Professeur Truck doit regarder ce qui se passe, aller plus loin et proposer de nouvelles choses.

Audrey : Oui. C’est en parallèle avec ce qu’ils apprennent à l’école. Cela leur permet de concrétiser et de tester toute la théorie qu’ils apprennent. Ils se rendent compte que programmer un robot utilise beaucoup d’autres compétences. Ils demandent parfois : « À quoi cela sert d’apprendre cela ? » Il faut de l’anglais, savoir bien lire ce que l’on demande de faire, des mathématiques, de la physique et de la technologie.

Journaliste : Quand vous travaillez avec les enfants, les adolescents, voire occasionnellement avec des adultes, la première étape consiste-t-elle à créer un climat de confiance pour travailler ensemble ?

Audrey : Oui. Je leur fais déjà comprendre qu’il s’agit d’un travail d’équipe. Nous avançons ensemble. Cela ressemble à une salle de classe, mais il n’y a pas tout le concept des devoirs et tout ce qui va avec. Cela les rassure déjà un peu.

Surtout, nous ne leur mettons pas la pression. Ils ont le droit de dire tout ce qu’ils veulent et de se tromper. C’est le plus important, parce que certains élèves donnent parfois des réponses uniquement pour donner une réponse. Je leur dis : « Non, cela ne me sert à rien. Vas-y, explique. »

Il faut qu’ils apprennent à dédramatiser. Ils ont le droit de ne pas savoir. Cela m’arrive aussi de ne pas savoir et de me tromper. Il faut vraiment leur montrer que nous nous adaptons à eux et que nous sommes là pour eux.

Journaliste : Vous le dites honnêtement : « Moi aussi, cela m’arrive de ne pas savoir. Ensemble, nous allons chercher l’information. » Cela fait partie de l’enseignement.

Audrey : Normalement, quand un enseignant leur donne des devoirs, c’est qu’ils doivent théoriquement être capables de les faire. Soit ils ont des éléments dans leur cahier ou leur livre, soit nous travaillons ensemble, comme si j’étais une camarade de classe avec qui ils faisaient leurs devoirs lorsque je n’ai pas les réponses. Cela fait partie de la pédagogie : leur montrer la méthode.

Journaliste : Est-ce que vous mettez des notes ?

Audrey : Jamais.

Journaliste : Jamais de notes ?

Audrey : Non.

Journaliste : De toute façon, c’est comme à L’École des fans : ils auraient tous dix ! Comment cela fonctionne-t-il et comment est-ce perçu par les parents ? Annabelle sera avec nous. C’est la maman de Léna, une jeune fille que vous suivez depuis quelques années. Elle va nous faire part de son expérience.

[Chanson, jingle, informations et publicités non retranscrits.]

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Témoignage d’Annabelle — 41:37

Journaliste : Ici ça marche depuis sept ans maintenant avec Professeur Truck et ses cours à domicile. Une maman est avec nous : Annabelle. Bonjour Annabelle.

Annabelle : Bonjour.

Audrey : Bonjour Annabelle.

Annabelle : Bonjour Audrey.

Journaliste : Vous êtes la maman de Léna, qui est aujourd’hui en troisième, c’est cela ?

Annabelle : Oui, exactement.

Journaliste : Comment avez-vous connu Professeur Truck ?

Annabelle : Je recherchais un professeur pour aider ma fille, parce qu’elle avait des difficultés à l’école. Je faisais des recherches sur Internet et, à force de chercher, Professeur Truck est apparu. Je l’ai contacté, et voilà.

Journaliste : Qu’est-ce qui vous a séduite ? Était-ce l’opportunité ou le concept qui vous paraissait intéressant ?

Annabelle : Il n’y avait pas grand-chose quand je cherchais. C’étaient surtout des choses sur Internet, ce n’était pas forcément sympathique. Là, je voyais qu’Audrey se déplaçait à domicile et j’ai trouvé cela très bien.

Journaliste : Le fait qu’Audrey arrive avec son camping-car, s’installe, puis que votre fille aille y suivre son cours, c’est complètement différent d’un cours donné dans la salle à manger ou dans la cuisine ?

Annabelle : Oui, parce que j’ai deux autres enfants à la maison. Le plus petit était vraiment petit à l’époque et cela faisait pas mal de bruit. Léna a besoin d’être très concentrée et elle est vite perturbée. Le camping-car convenait donc plutôt bien.

Journaliste : Comment Léna a-t-elle pris les choses ?

Annabelle : Très bien. Léna adore Audrey. Elle ne voudrait pas arrêter.

Journaliste : C’est devenu son rendez-vous ?

Annabelle : Oui. Quand une séance doit parfois être annulée parce que quelque chose arrive ou que nous ne sommes pas là, elle est très déçue.

Journaliste : Est-ce que cela vous soulage et vous libère ? Est-ce important pour vous aussi ?

Annabelle : Oui, cela me soulage surtout parce que les leçons avec Léna sont compliquées et très longues. Elle a des troubles DYS. Il faut beaucoup expliquer, recommencer. Le lendemain, nous y revenons et ce n’est pas forcément encore acquis. Il faut tout le temps répéter.

Journaliste : Je crois que c’est le problème de tous les parents. Et Audrey est aussi maman : donner des cours à ses propres enfants, ce n’est pas facile.

Audrey : Non, il faut beaucoup de patience. J’en ai pourtant, mais parfois c’est lourd. En fin de journée, nous sommes tous fatigués.

Annabelle : Et je n’ai pas qu’elle à m’occuper. Cela me soulage donc bien.

Journaliste : Est-ce que cela l’a fait progresser ? Est-ce qu’elle a avancé ?

Annabelle : Oui, beaucoup. Je pense qu’Audrey utilise d’autres manières que l’école classique. Tous les enfants ne rentrent pas dans le moule de l’éducation. C’est le cas de Léna. Il suffit parfois d’expliquer autrement pour que cela rentre, tout simplement.

Journaliste : C’est ce que nous disions, Audrey : vous vous adaptez.

Audrey : Oui, tout à fait.

Journaliste : Entendre Annabelle dire que cela la soulage et lui fait du bien, tout en aidant sa fille, c’est important aussi.

Audrey : C’est notre plus belle récompense. Voir les enfants, comme Léna, venir avec le sourire et être impatients de nous voir, c’est important. Ils ont cette envie d’apprendre.

Journaliste : C’est la première fois qu’on court pour aller à l’école !

Audrey : Des parents m’ont déjà dit : « C’est la première fois que je vois mon enfant courir pour aller à l’école. »

Journaliste : En tout cas, c’est une belle expérience, Annabelle.

Annabelle : Oui, elle n’y va pas à reculons du tout.

Journaliste : Et cela dure déjà depuis quelques années.

Annabelle : Oui, depuis 2022, je crois.

Journaliste : Cela fait donc quatre ans maintenant. Elle était en CM1 ou en CM2 ?

Annabelle : En CM2, je crois.

Audrey : Nous n’étions pas encore ensemble en CM1, je crois.

Journaliste : Maintenant, cela libère tout le monde et permet d’avancer, à la fois pour vous, Annabelle, et pour Léna. Merci beaucoup.

Annabelle : Je vous en prie.

Journaliste : Merci beaucoup pour ce joli témoignage. Nous vous souhaitons une bonne journée.

Annabelle : Merci à vous. Au revoir.

Journaliste : Dans quelques minutes, nous vous donnerons des informations si vous souhaitez bénéficier de cours à domicile pour vos enfants. Vous êtes peut-être aussi enseignant et vous envisagez une petite reconversion : pourquoi ne pas devenir le prochain Professeur Truck ?

[Chanson et publicité non retranscrites.]

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Développement du réseau — 49:39

Journaliste : Ici ça marche tellement bien que notre invitée manque de professeurs pour pouvoir développer l’activité de soutien scolaire à domicile. Vous recherchez des personnes qui ont travaillé dans l’enseignement — ou pas, d’ailleurs — pour devenir Professeur Truck.

Audrey : Oui. Nous avons beaucoup de demandes sur certains secteurs, surtout en Normandie, puisque c’est là que nous commençons à être les plus connus. Nous aimerions nous étendre davantage, surtout dans la région de Caen et de Falaise, où nous avons déjà beaucoup de demandes auxquelles nous ne pouvons pas répondre, puisque nous ne pouvons pas aller jusque-là.

Journaliste : Le principe est celui d’une marque sous licence : chaque personne est indépendante et devient entrepreneur indépendant ?

Audrey : Oui, c’est important : ce sont des chefs d’entreprise. Pour le public, le fonctionnement de la licence de marque ressemble un peu au principe de la franchise, mais c’est juridiquement moins lourd.

Journaliste : Vous leur apportez le savoir-faire ?

Audrey : Nous les accompagnons dès le début pour réaliser l’étude de marché, trouver des financements et des aides, se développer, trouver des élèves et communiquer. Nous ne les lâchons pas une fois leur entreprise créée.

Mon travail consiste ensuite à les aider. Je ne trouve pas tous les élèves à leur place, bien sûr, mais je les accompagne. Plus nous sommes nombreux, plus notre communication est importante.

Journaliste : Ils ne sont pas seuls dans leur coin.

Audrey : Voilà. Et plus il y aura de trucks qui circuleront, plus nous nous ferons connaître. C’est un effet boule de neige. Parfois, j’ai presque envie de dire que nous sommes davantage une bande de copains qu’une tête de réseau.

Il faut une bonne ambiance et nous nous entraidons énormément. Parfois, nous cherchons ensemble des idées pour aider tel ou tel élève. Nous nous rencontrons le premier dimanche de chaque mois pour faire un brunch et discuter de tout : de nos problématiques, de nos projets et de beaucoup d’autres choses. Nous ne pourrons peut-être plus le faire si un jour il y a du monde jusqu’à Marseille, mais l’idée est vraiment que nous sommes une équipe.

Journaliste : Professeur Truck : pour plus d’informations, rendez-vous sur professeur-truck.fr. Vous y trouverez les coordonnées de notre invitée pour entrer en contact avec elle, que vous recherchiez des enseignants pour aider vos enfants ou que vous envisagiez vous-même une nouvelle orientation. Merci beaucoup, Professeur Truck.

Audrey : Merci à vous.

Journaliste : Bonne route à vous et à bientôt.

Audrey : Merci beaucoup.

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