Professeur Truck sur RMC – présentation du concept

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Audrey Busser présente sur RMC le concept de Professeur Truck : des classes mobiles aménagées dans des camping-cars pour proposer un accompagnement scolaire personnalisé directement près du domicile des élèves.

Chapitres

  • 0:00 – Présentation de Professeur Truck
  • 0:27 – Le déroulement d’un cours mobile
  • 0:57 – Pourquoi faire sortir l’élève de chez lui ?
  • 1:30 – Des élèves de tous niveaux et aux profils variés
  • 2:14 – Un accompagnement individualisé, au-delà du scolaire
  • 3:13 – L’origine du concept Professeur Truck
  • 3:44 – Le développement du réseau Professeur Truck
  • 4:01 – L’accès au soutien scolaire dans les zones rurales

Transcription de la vidéo « Professeur Truck sur RMC – présentation du concept »

Journaliste : 5 h 48, plutôt en retard d’une demi-heure. Victor, malgré la canicule, les examens de fin d’année se poursuivent et, en ce moment, c’est le grand oral du bac. Les collégiens plancheront, eux, pour leur brevet vendredi. Alors, dans cette période de révision, ce matin, on a fait venir l’école à vous.
Bonjour Audrey Busser.
Audrey Busser : Bonjour.
Journaliste : Vous êtes enseignante et créatrice du réseau Professeur Truck. Ce sont des classes mobiles dans des camping-cars réaménagés qui accueillent les élèves.

Le déroulement d’un cours mobile

Journaliste : Comment ça se passe, un cours, concrètement, avec vous ?
Audrey Busser : Alors, on se déplace directement au domicile des élèves. Et au lieu de faire du soutien scolaire, comme d’habitude, dans le domicile de l’élève, on est directement devant leur porte. Et ils viennent à l’école, en fait. Donc c’est une salle de classe aménagée.
Journaliste : D’accord. Il faut s’inscrire, c’est ça ?
Audrey Busser : Non, en fait, ce sont des élèves qui… Oui, alors, ils vont nous contacter, souvent en début d’année, pour que ce soit du cours régulier toute l’année. Et après, on a un emploi du temps. C’est toujours plus ou moins les mêmes élèves tout le long de l’année.

Pourquoi faire sortir l’élève de chez lui ?

Journaliste : C’est quoi l’idée derrière le fait d’amener l’école à la maison, de ne pas rentrer chez eux, de les faire sortir ? C’est quoi la philosophie ?
Audrey Busser : Déjà, c’est effectivement de ne pas rentrer directement chez eux, de ne pas être intrusif dans leur intimité. Même pour les parents, ce n’est pas toujours agréable d’avoir quelqu’un chez soi le soir, après une journée de travail.
Et en même temps, ça fait une démarche pour l’élève de se déplacer. C’est-à-dire qu’il vient au cours. Ce n’est pas nous qui sommes à son service. On vient pour lui, évidemment, mais c’est à lui de faire la démarche, de s’habiller, de prendre ses affaires et de venir en cours.
Donc, il se met dans un état d’esprit complètement différent que si on rentre dans sa chambre alors qu’il est occupé à ses activités.

Des élèves de tous niveaux et aux profils variés

Journaliste : On parle de quels élèves ? Tous niveaux ?
Audrey Busser : Tous niveaux. Alors, en ce qui me concerne, je vais du CP à bac +2, toutes matières.
Journaliste : Ah oui, donc voilà, c’est assez élargi. Est-ce que ce sont forcément des élèves en difficulté, d’ailleurs ?
Audrey Busser : Pas forcément. Il y a des élèves qui cherchent, par exemple, à rentrer dans de grandes écoles, donc ils veulent améliorer leur dossier scolaire.
Il y a des enfants qui sont juste en perte de confiance. Donc, ils ont besoin d’avoir une oreille attentive et qu’on les aide à reprendre confiance.
Il y a plein de profils. Il y a des enfants qui sont dys, on a des enfants qui sont autistes, il y a des enfants qui sont en phobie scolaire…
Journaliste : Et parfois, changer le contexte d’apprentissage, ça peut fonctionner.
Audrey Busser : Tout à fait. Et on est vraiment là pour eux. Et on est très souvent, oui, une oreille attentive aussi, en dehors du fait d’apporter de l’aide scolaire.

Un accompagnement individualisé, au-delà du scolaire

Journaliste : Vous, Audrey Busser, vous êtes sortie de l’Éducation nationale ?
Audrey Busser : Oui.
Journaliste : Vous ne regrettez pas ?
Audrey Busser : Non, jamais.
Journaliste : C’est une manière plus gratifiante d’enseigner que vous avez trouvée ?
Audrey Busser : Alors, gratifiante, et puis je trouve qu’on est mieux adapté.
Journaliste : Oui.
Audrey Busser : C’est-à-dire qu’on peut vraiment s’adapter à chaque enfant, à chaque profil pédagogique, parce que tout le monde est différent, tout le monde a besoin d’autre chose.
Et en classe complète, c’est compliqué, quand on a beaucoup d’élèves, de s’adapter à chacun. Et ils n’ont pas tous le même passif. Donc là, comme ça, au moins, on est concentré sur un élève.
Journaliste : Mais ça, c’est une différence pour vous. Ça fait la différence aussi pour les élèves ?
Audrey Busser : Tout à fait. Voilà, on est vraiment là. Et en plus, c’est plus ou moins eux, quand même, qui choisissent les matières qu’ils veulent voir, parce qu’on n’est pas forcément là que pour une matière.
Donc, s’ils ont des difficultés dans différentes matières, on peut les aider un peu partout. Et des fois, ils nous parlent même d’autres choses à côté qui ne sont pas forcément liées à l’école.
Journaliste : Ah, ils se livrent à vous ?
Audrey Busser : Oui, oui, oui. Des fois, on appelle ça le confessionnal.
Journaliste : J’allais dire : c’est aussi un cabinet de psy, le camping-car.

L’origine du concept Professeur Truck

Journaliste : D’ailleurs, comment vous avez eu l’idée ? Vous étiez vous-même camping-cariste ?
Audrey Busser : Pas du tout.
Journaliste : Ah non ?
Audrey Busser : Non, non, pas du tout. En fait, je cherchais justement un moyen de faire sortir l’élève de chez lui, parce qu’on a toujours plein de distractions à la maison. Il y a la télé, il y a les frères et sœurs, il y a les animaux…
Et cela sans obliger les parents à devoir se déplacer, parce que nous habitons dans une zone qui est assez rurale et que le soutien scolaire le plus proche est à Caen, donc à peu près à une heure de route.
Il fallait donc trouver un local qui se déplace, pour éviter aux parents d’avoir à faire la route.

Le développement du réseau Professeur Truck

Journaliste : Et là, aujourd’hui, vous êtes la seule enseignante ou vous êtes plusieurs dans le réseau Professeur Truck ?
Audrey Busser : Alors là, on est déjà trois en circulation. Il y en a une quatrième qui va s’installer à partir de la rentrée. Et je continue à essayer de recruter pour que d’autres élèves puissent profiter de ça. Voilà.
Journaliste : L’appel est lancé sur RMC.

L’accès au soutien scolaire dans les zones rurales

Journaliste : Dernière question. En un mot, on parle souvent de fracture sociale entre les élèves en fonction de là où ils habitent. Vous qui, justement, arpentez votre territoire, est-ce que c’est quelque chose que vous constatez aussi ?
Audrey Busser : Oui. Il y a vraiment des zones où on peut difficilement avoir des structures qui peuvent vous accueillir, tout ça. Et c’est vrai que ce n’est pas toujours évident d’aller uniquement dans les grandes villes.
C’est vraiment dans les zones rurales que c’est plus compliqué d’avoir accès à tout ça.
Journaliste : Et donc, c’est vous qui vous déplacez jusqu’aux élèves qui en ont besoin, jusqu’à leurs parents aussi, sans investir leur espace. Une idée assez brillante, je dois dire.
Merci beaucoup, Audrey Busser, d’être venue nous la présenter ce matin. Je rappelle que vous êtes enseignante et créatrice du réseau Professeur Truck, que vous pouvez rejoindre si vous le souhaitez.